L'Union africaine (UA) a nommé l'ancien président du Ghana, John Mahama, au poste de Haut représentant pour la Somalie, plongée dans une profonde crise politique depuis l'annonce le 12 avril de la prolongation pour deux ans du mandat du président.


"En tant que Haut Représentant pour le volet politique de la Somalie, le président Mahama travaillera avec les parties somaliennes pour parvenir à un compromis mutuellement acceptable vers une résolution globale pour la tenue d'élections dans les plus brefs délais", affirme un communiqué de l'UA.


Dans ce texte, le président de la commission l'UA, Moussa Faki, "appelle les parties prenantes somaliennes à négocier de bonne foi (...) dans la recherche d'un règlement inclusif de la crise électorale".

"Cela doit ouvrir la voie à un gouvernement démocratiquement élu doté de la légitimité et du mandat nécessaires pour résoudre les problèmes politiques et constitutionnels en suspens qui constituent une menace pour la stabilité du pays et de la région", ajoute-t-il.


John Mahama, président du Ghana entre 2012 et 2017 aujourd'hui âgé de 62 ans, arrivera en Somalie "dans les prochains jours".


La Somalie traverse depuis plusieurs semaines une profonde crise politique, déclenchée par l'annonce le 12 avril de la prolongation pour deux ans du mandat du président Mohamed Abdullahi Mohamed, dit Farmajo, arrivé à échéance le 8 février sans que des élections aient pu être organisées.


Cette décision a été condamnée par l'opposition somalienne et la communauté internationale. 


Les tensions ont culminé le 25 avril avec des affrontements armés entre forces gouvernementales et combattants pro-opposition, quand ces derniers ont dressé des barrages en plusieurs points de la capitale Mogadiscio. Trois personnes ont été tuées dans ces échanges de tirs.


Dans un geste d'apaisement, le président Farmajo a chargé le Premier ministre Mohamed Hussein Roble d'organiser des élections dans les meilleurs délais.


Ce dernier a convié les dirigeants des Etats semi-autonomes du pays à une réunion le 20 mai pour "finaliser" l'organisation des prochaines élections présidentielle et législatives. 


Les centaines de combattants pro-opposition qui contrôlaient depuis le 25 avril certains axes et quartiers de Mogadiscio se sont retirés vendredi, après un accord conclu entre l'opposition et le gouvernement.