Faisant valoir que "la première victime d'une guerre, c'est la vérité", une députée norvégienne a annoncé jeudi avoir proposé la candidature des "fact-checkers", les vérificateurs des faits, au prix Nobel de la paix.


"Nous vivons à une époque où combattre les mensonges est tellement important que Joe Biden l'a mentionné dans son discours" d'investiture, a expliqué Trine Skei Grande, ex-présidente du parti Libéral, actuellement au pouvoir en Norvège au sein d'une coalition.


"Cette année, j'ai proposé les vérificateurs des faits au prix Nobel de la paix. Ils ont besoin de notre soutien", a-t-elle ajouté sur Twitter.


Dans la pratique, l'élue, qui a notamment été ministre de la Culture puis de l'Education entre 2018 et 2020, a avancé la candidature de l'International Fact-Checking Network (IFCN), un réseau de plusieurs dizaines de médias et d'organisations dont l'AFP actives dans la vérification des faits.


Dans un courriel à la communauté mondiale des "fact-checkers", le directeur de l'IFCN, Baybars Örsek, a fait part du "sentiment énorme d'humilité et de fierté" régnant à la tête de l'organisation, après l'annonce que sa candidature était avancée.


"Si nous sommes conscients qu'il s'agit d'une étape très préliminaire dans un voyage sans égal, c'est un grand témoignage du travail de notre mouvement", a-t-il écrit.


L'Institut Nobel accepte toutes les candidatures valides envoyées avant la date-limite du 31 janvier, sans qu'il faille y voir une quelconque reconnaissance de sa part.


Chaque année, des centaines de noms sont proposés pour la prestigieuse distinction. Parmi les autres candidatures connues pour 2021 figure l'ex-président américain Donald Trump qui a pour sa part popularisé l'expression "fake news".  


Des dizaines de milliers de personnes (parlementaires et ministres de tous les pays, anciens lauréats, certains professeurs d'université, etc.) sont habilitées à soumettre une candidature au Nobel de la paix.

Mercredi, Joe Biden avait exhorté ses compatriotes à rejeter la manipulation des faits, dans une référence à son prédécesseur Donald Trump, qui a nié pendant des semaines le résultat de l'élection présidentielle.


"Chacun d'entre nous a le devoir et la responsabilité, en tant que citoyens, qu'Américains, et particulièrement en tant que dirigeants, (...) de défendre la vérité et de combattre les mensonges", avait souligné le nouveau président américain. 


Faisant référence en matière de lutte contre l'infox, l'IFCN compte, selon son site internet, 79 signataires certifiés à travers le monde. Outre le service de fact-checking de l'Agence France-Presse, on y retrouve celui du Washington Post, du Monde ("Les Décodeurs"), de Reuters ou encore Africa Check.


Le Nobel de la paix sera attribué début octobre. L'an dernier, il avait couronné le Programme alimentaire mondial (PAM).